La petite fille qui avait renversé le chocolat chaud est appelée par une dame. Apparemment, c’est une pédiatre, qui vient en renfort.

Un autre enfant est appelé par l’interne entre temps.

Je suis confiante, ça va aller vite.

La dame à qui j’ai donné un paquet de gâteaux reçoit plusieurs appels téléphoniques auxquels elle répond toujours par un magnifique « Ouaiiiiiiiiis » et finit toujours par un « ouais j’te laisse, tu m’fais chier ».

Au cours d’une de ses énièmes conversations, sa fille vient vers la mienne, intéressée par les coloriages. Sauf que sans prévenir, elle se met à vomir juste à mes pieds ; j’ai heureusement le temps de pousser ma fille et soulever mes jambes, pour que le vomis ne nous atteigne pas. Sa mère termine donc sa conversation par un « j’te laisse elle vient de dégueuler. Elle a dégueulé j’te dis ! ».

Elle file chercher quelqu’un pour ramasser la belle galette chocolatée en criant à qui voulait bien l’entendre « ma fille est dégueulée, je peux avoir quelque chose pour ramasser ? »

Réponse : « faut ramasser quoi ? »

Elle : « bah ! du dégueulis ! j’vous dis que ma fille a dégueulé !! »

La dame vient et constate : « c’est du vomis »

Elle « c’est c’que j’vous dis, c’est du dégueulis, j’voudrais le ramasser »

Ni une ni deux la dame prend quelques morceaux de sopalin et ramasse le tout + un petit coup de serpillière et le tour est joué ; je m’empêche de trop regarder, au risque de poser une galette à mon tour !

Ma fille veut jouer avec l’avion qu’elle a vu dans les mains d’un autre enfant tout à l’heure, alors on va le chercher ensemble. Elle y joue 3 minutes et décide d’aller le reposer. On va donc le reposer sur l’étagère et au même moment, la porte s’ouvre et l’interne beugle le nom de ma fille.

Je lui dis « c’est nous ! on prend nos affaires et on arrive tout de suite ! », ce à quoi elle répond nonchalamment « pfffffffff » et ne se prive pas pour lever les yeux au ciel.

On est à peine entrées que l’interne me demande, sans même me regarder « qu’est ce qu’il y a ? » ; elle n’attend pas ma réponse et lit d’une traite les réponses que j’ai déjà apportées à l’infirmière à l’entrée.

Pendant ce temps, je sors la fiole d’urines et la lui tend.

Elle : « c’est quoi ça ? »

Moi : « les urines de ma fille, prélevées ce matin »

Elle : « c’est pas à vous de faire ça »

Moi : « c’est pas moi qui ai prélevé les urines de ma fille ! je ne suis pas une professionnelle, c’est une aide-soignante qui l’a fait »

Elle : « nan mais si elle a pris les urines dans un pot ça sert à rien c’est pas stérile »

Moi : « elle n’est pas médecin mais elle connait son métier ! elle a mis une cupule au fond du pot et elle a transvasé une partie dans la fiole ! »

Elle : « de toute façon votre fille est sous traitement antibiotiques pour cystite, ça sert à rien ce prélèvement »

Et elle lance la fiole ; par chance, celle-ci arrive droit dans la corbeille.

J’attends qu’elle me dise quoi faire car elle ne dit plus rien. Je lui demande donc si je déshabille ma fille maintenant : « bah oui ! ».

Et sans aucune douceur ni aucun mot, elle commence à palper le petit ventre, à poser son stéthoscope tout froid, à relever ma fille afin d’écouter sa respiration dans le dos. Durant toute l’auscultation, elle ne dit rien, ne rassure jamais. Moi qui suis habituée à voir les médecins expliquer leurs gestes avant de les pratiquer, ça me fait bizarre.

Pendant l’auscultation, la pédiatre référent entre dans le bureau comme dans un moulin ; elle se met à noter des choses dans un cahier, en regardant par-dessus ses lunettes. L’interne lui dit « fille, 3 ans, fièvre pendant 4 jours de lundi à jeudi, n’en a plus aujourd’hui » « à la bonne heure ! » lui dit la pédiatre et l’autre de continuer « a été mise sous antibio pour cystite ; a fait un prélèvement d’urines ce matin par nos services, mais ça ne sert à rien puisqu’il y a des antibio ? » « absolument, tu balances », et elle sort.

L’auscultation se termine comme elle a commencé : sans mot d’explication, ni parole rassurante.

Je m’excuse presque d’être venue un dimanche, mais je lui explique que c’est mon médecin traitant qui m’a dirigé ici, voyant ma fille se tordre en deux tous les quarts d’heure.

Elle me dit brutalement « votre fille est constipée ; vous n’avez jamais été constipée, vous ? »

Moi : « euh non »

Elle « bah ça fait TRES mal une constipation, quand on n’a pas connu, on ne peut pas s’imaginer ! ».

Elle rédige son ordonnance et pendant ce temps, ma fille aperçoit un paquet de sucettes qui dépasse d’un tiroir mal fermé : « ohhhh Maman, y a des sucettes ! ». Je lui dis « ah oui, il y a des sucettes mais tu sais, tu ne peux pas en manger à cause de ton bidon qui te fait très mal ». Evidemment, ma fille renchérit « mais moi, ‘veux une sucette ! », quand l’interne lui hurle dessus : « t’as pas compris ce qu’elle vient de te dire ta mère ? t’es constipée, t’as pas le droit de manger de sucette ! ».

Je termine d’habiller ma fille et lui dit « allez, tu dis au revoir à la dame mal aimable et on y va ! ».

En sortant, je rencontre le couple avec son enfant, passé juste avant nous, dont la maman me demande : « avec vous aussi elle a été horrible ? »

 

Alors s’il te plait ma fille, ne tombe plus malade un dimanche !