Après avoir su que cela faisait bientôt deux heures que la dame à côté de moi attendait, cette dernière ne manquant pas de m’informer que depuis qu’elle était arrivée, aucun enfant n’avait été appelé, « sûrement la faute à l’absence de pédiatre, et à la présence d’une seule interne », j’avertis Môssieur de cette information. Après avoir soufflé un grand coup, je me résigne à attendre que notre tour arrive et me dis qu’avec un peu de chance, à 16 heures on passera.

Précision importante pour la suite de cette histoire : à l’entrée, l’infirmière nous avait demandés de bien vouloir prévenir le personnel présent lorsque notre fille aurait envie de faire pipi, afin d’effectuer un prélèvement.

Dix minutes après notre arrivée, les fourmis commencent à chatouiller les jambes de ma fille ; elle veut descendre pour faire des coloriages. Je sors donc de l’un de mes sacs, un énorme cahier de coloriages et une vingtaine de feutres. La petite s’installe à même le sol et commence à colorier Hello Kitty avec vigueur.

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Le petit garçon en face de nous a l’air de l’envier, il ferait un peu de coloriages lui aussi, mais il reste sur les genoux de sa mère, sage comme une image.

La petite fille qui a piqué tous les jouets n’en peut plus d’attendre. Elle a soif. Son père va lui chercher un chocolat chaud… qu’elle renverse sur le carrelage après en avoir bu une seule petite gorgée. Sa mère prend sa fille sous le bras et s’en va on ne sait où, laissant le chocolat commencer peu à peu à tremper les jouets étalés sur le sol.

Ma fille arrête ses coloriages : elle a envie de faire pipi. Je m’empresse d’aller dans le couloir juste à côté de la salle dans laquelle nous attendons. Je vois une enfilade de box dans lesquels des gens attendent qu’on les soigne. Une infirmière sort de l’un d’eux et me regarde, sans rien me demander. Je l’alpague et après avoir dit toutes les formules de politesse possibles, je lui demande de bien vouloir m’apporter un pot et une cupule pour le recueil des urines. Elle me dit « je reviens » et… ne reviendra jamais.

C’est alors qu’une aide-soignante arrive et me demande gentiment « vous avez besoin de quelque chose Madame ? » et après m’avoir écoutée, file me chercher le matériel nécessaire et nous accompagne dans une petite pièce à l’abri des regards indiscrets.

Nous retournons dans la salle d’attente et à peine arrivées, j’aperçois une dame avec sa fille sur ses genoux qui vient de prendre ma chaise.

Polie, je ne dis rien mais fais les gros yeux à Môssieur afin de lui faire comprendre qu’il aurait pu dire que cette place était prise. Il comprend et me murmure « j’ai pas osé dire quoique ce soit ».

Tant pis, je m’assois à mon tour sur le sol, ma fille aussi, les coloriages, feutres, et autres sacs étalés partout, gênant le passage.

 

Il n’y a plus qu’à prendre notre mal en patience tout en se gelant les fesses sur le carrelage trop froid.