Pendant ma pause déjeuner, je passe mon temps à m’occuper de ma maison, pour éviter d’avoir à le faire le soir en rentrant du boulot.

Ce midi, j’ai décidé de repasser mon linge.

J’ai installé ma table à repasser dans mon salon, là où je pouvais.

Oui, là où je pouvais ! faut dire qu’un séjour-salle à manger de 26 m² dans lequel il y a un canapé, deux fauteuils, un parc pour bébé, une chaise haute pour bébé qui prend une place énorme, une table basse surdimensionnée, une grande table à manger + 6 chaises et encore d’autres meubles, et bien c’est vite rempli, et poser une table à repasser, c’est tout un calcul.

 

Bref, tout ça pour dire que je me suis calée le long de la porte-fenêtre donnant sur la terrasse ; j’étais bien là, avec le soleil qui chauffait mon dos.

Je pouvais même surveiller ce qu’il se passait à travers les rideaux de l’autre porte-fenêtre donnant sur la rue. Je repassais tranquillement un body de Nunette quand soudain, j’ai vu un homme à gilet jaune fluo pénétrer dans ma propriété (j’aime bien ce mot « propriété », en notariat c’est un mot classique, mais dans le langage courant, il évoque un grand domaine, une grosse maison…que je n’ai pas).

J’ai tout de suite repéré son appareil qui sert à relever le compteur électrique, et je me suis souvenue tout de suite que la chambre du sous-sol dans laquelle se situe le fameux compteur, était remplie de linge, de cadeaux de Noël non emballés… et surtout, surtout, on ne pouvait pas y mettre un pied devant l’autre.

Je me suis donc dit que je n’allais pas répondre s’il venait sonner à ma porte, comme ça j’aurais le temps de mettre de l’ordre dans ma pièce avant qu’il ne revienne le lendemain.

Mais c’était sans compter sur le SOLEIL.

Oui, le soleil, ce traitre, celui que j’aimais quelques lignes plus haut car il me chauffait le dos, je peux vous dire qu’il m’a bien eue ! les rideaux de ma porte-fenêtre sont opaques, mais quand le soleil donne sur le salon, cela fait un effet miroir, et le gars m’a repérée tout de suite ; quand je l’ai regardé, il m’a fait signe de descendre…

Grillée, j’étais grillée et morte de honte à l’idée qu’il allait entrer dans la fameuse chambre en bazar.

 

J’ai appuyé sur la télécommande pour ouvrir la porte du garage et je suis descendue le plus vite possible afin de stopper l’homme.

Soit dit en passant, je ne supporte plus ces gens qui viennent relever les compteurs et qui, sous prétexte qu’ils connaissent toutes les maisons du lotissement par cœur, se permettent d’entrer chez nous avant qu’on ne les y autorise.

 

J’arrivais enfin dans mon garage, alors que l’homme entrait déjà dans l’autre pièce, d’un pas décidé en direction de la chambre.

Je lui ai crié « ATTENDEZ ! je ne vous ai pas encore dit d’entrer ! je suis encore chez moi, et puis j’ai deux-trois choses à enlever de la pièce avant que vous n’entriez. »

Et lui de dire : « mais non, je suis pressé, je connais la pièce, vous en faites pas s’il y a du bazar, j’ai l’habitude ».

Je lui ai dit qu’il avait certes l’habitude du bazar, mais que j’aurais aimé qu’il ne marche pas sur mon linge éventuellement tombé de mes paniers.

Il n’en a eu que faire de mes remarques, et est entré dans la chambre, piétinant de ses grosses chaussures, un tee-shirt à peine tombé du panier.

Cette expérience m’a donc valu une grosse colère, car j’ai eu l’impression que l’on violait mon intérieur, et une grosse honte quant au désordre qui régnait dans la pièce.

Je m’imaginais déjà la conversation que ce monsieur aurait avec sa compagne le soir : « si t’avais vu le bordel dans la chambre, ha ha ha ! y en a qu’on pas honte quand même !!! »

 

 

Sur ce, dès ce soir, je m’attèle au rangement de cette pièce !