Quand j’ai su que le premier bébé qui grandissait en moi était une fille, j’ai tout de suite imaginé les couettes dans les cheveux, les robes, les collants, du rose à souhait, Cendrillon, les fées…

Et puis, ma Première est née. Et a grandi.

A deux ans ¾, elle refuse de porter des robes ou des jupes : « non Maman, pas la robe, c’est nul la robe ! »

« une jupe alors ? »

« Non Maman, les jupes c’est nul aussi ! moi ‘veux un pantalon »

Elle ne supporte aucune barrette, aucun serre-tête, elle préfère largement avoir sa grande mèche de cheveux dans les yeux.

Rien de grave a priori, cette petite est pareille que moi à son âge : un petit garçon manqué. Sauf que quand j’étais petite, je jouais avec les filles et les garçons, et j’étais plutôt une non violente.

Ma fille, quant à elle, rentre à la maison avec des mots dans son cahier ; du temps de la crèche, on a eu droit à « merci de bien vouloir couper les ongles de votre fille au plus ras car elle pince les copains et cela marque ».

Je me suis dit que l’école la calmerait et qu’elle s’adoucirait, mais que nenni !

Hier elle est rentrée de l’école avec le mot suivant « aujourd’hui, votre fille a griffé l’une de ses camarades ; cette dernière a mordu le doigt de votre fille. Elles ont été punies toutes les deux et se sont expliquées. Je ne sais pas qui des deux a commencé. La maîtresse »

J’ai donc interrogé ma fille et voici ce qu’elle m’a répondu : « Cali elle m’a mordrue (oui oui elle l’a mordRue, c’est elle qui le dit !), alors moi je l’ai guiffé. C’est pas bien de faire mal aux copains, ah non hein, c’est interdit. »

Soit.

« Alors, ma fille, tu vas jouer avec tes copines à l’école sans te battre ? »

« mais non Maman, je t’ai déjà dit je joue avec les garçons, les filles c’est nul »