Aujourd’hui, c’était la première rentrée des classes de ma Première.

Le temps est passé beaucoup trop vite et je me revois deux ans et demi en arrière, quand je déposais mon tout petit bébé pour une journée complète à la crèche.

Depuis, mon petit bébé est devenu un grand bébé, puis une petite fille.

Et c’est maintenant temps pour elle d’aller user ses fonds de culotte sur les bancs de l’école.

Ses copains de la crèche ont fait leur rentrée plus tôt qu’elle ; elle a été très triste de les voir partir les uns après les autres, mais on lui a expliqué qu’elle les retrouverait prochainement.

Et ce jour est arrivé.

Elle était toute excitée à l’idée d’aller à l’école et de rencontrer sa maîtresse.

D’ailleurs, cela faisait quelques jours qu’elle ne voulait plus aller à la crèche, elle voulait revoir ses copains à l’école.

Ce matin, elle a revêtu ses plus beaux habits, je l’ai coiffée et elle a mis son petit cartable sur ses épaules.

Elle n’a fait que rire dans la voiture et s’écrier « j’vais à l’école, j’vais à l’école ! »

Arrivés devant la cour de l’école, le refrain n’a pas été le même.

Qui sont ces grands enfants ? cette cour est bien plus grande que celle de la crèche…

Et là, elle s’est mise à stresser.

Et son père n’a pas arrangé les choses, lui qui avait mal au ventre depuis la veille, a même communiqué son angoisse à sa fille.

De mon côté, j’étais plutôt zen. La collectivité, ça faisait 2 ans et demi qu’elle pratiquait. Notre fille est plutôt sociable, et ses copains sont dans sa classe ; elle n’arrivait donc pas en terre totalement inconnue.

Une fois dans la classe, elle a vite lâché son papa au profit de ses copains et des jeux éparpillés un peu partout sur les nombreuses tables.

Au moment de partir, quand la maîtresse a sonné la cloche, là, elle s’est mise à pleurer à chaudes larmes « non Papa, Maman, pas au boulot ».

Et le papa, tout triste, n’arrivait pas à lâcher sa progéniture ; il la couvrait de bisous et de câlins et ce, malgré mes discrètes réprimandes.

C’est à ce moment-là que je me suis demandé si j’étais normale.

Tout le monde m’a dit que j’allais pleurer, que je serais triste de la voire partir à l’école, que j’aurais la boule au ventre.

Mais rien.

J’étais contente pour elle.

Avant de partir la maîtresse lui a proposé de prendre son doudou et tout de suite, ça a été.

 

Aux nouvelles que j’ai prises durant la pause déjeuner, notre Première allait bien, elle avait passé une très bonne matinée sans pleurer et dévorait son assiette à la cantine.

Et son doudou la suivait partout…